Le 9 septembre 2026, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), avec l'Institut national du cancer (INCa), la Direction générale de la santé (DGS), la Délégation au numérique en santé (DNS) et le ResOMEDIT, publie un ensemble de mesures de sécurité pour la chimiothérapie par fluoropyrimidines, clôturant le principal chantier ouvert par l'enquête nationale hospitalière de novembre 2025 sur le dépistage du déficit en DPD. La pièce maîtresse est le premier avis national d'experts harmonisant l'adaptation de la dose initiale de 5-fluorouracile (5-FU) et de capécitabine chez les patients présentant un déficit partiel en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), une situation que chaque établissement gérait jusqu'ici selon ses propres règles.
Un déficit constitutionnel en DPD modifie profondément la pharmacocinétique des fluoropyrimidines et peut entraîner des toxicités majeures, voire létales. Le dosage de l'uracilémie avant toute initiation d'un traitement par fluoropyrimidines est déjà obligatoire en France, et un déficit complet contre-indique ce traitement. Ce qui manquait, c'était une règle partagée pour la zone grise du déficit partiel, ainsi qu'une aide à la décision fiable dans les logiciels de prescription. Les deux sont désormais comblés.
Que change l'avis national d'experts pour le déficit partiel en DPD ?
L'avis d'experts, coordonné par l'INCa avec l'ANSM et le ResOMEDIT, livre le premier cadre national partagé d'adaptation de la dose initiale des fluoropyrimidines selon le niveau d'uracilémie du patient. Jusqu'à présent, l'attitude thérapeutique en cas de déficit partiel n'était pas harmonisée entre les établissements de santé : deux patients présentant le même résultat d'uracilémie pouvaient recevoir des doses initiales matériellement différentes selon le lieu de traitement.
L'avis propose des adaptations posologiques pour le 5-FU et la capécitabine, tout en rappelant que chaque recommandation doit être confrontée à la situation clinique individuelle du patient. Il est publié sur les sites de l'INCa, de l'ANSM et du ResOMEDIT, et vise à être appliqué immédiatement comme référence nationale. L'avis d'experts est disponible sur le catalogue de l'INCa.
Comment les éditeurs de logiciels et les hôpitaux doivent-ils réagir ?
En parallèle, la DNS a travaillé avec les principaux éditeurs de logiciels hospitaliers de chimiothérapie pour renforcer les alertes de dépistage du déficit en DPD dans les outils de prescription et de dispensation. L'état des lieux montre que des solutions d'alerte existent déjà chez les principaux éditeurs, mais avec des niveaux de maturité variables. Lorsque la solution cible n'est pas encore disponible, des paramétrages temporaires permettent de répondre aux recommandations, dans l'attente d'évolutions plus robustes attendues dans les prochains mois.
Pour les équipes de pharmacie hospitalière et d'oncologie, l'implication opérationnelle est double : vérifier que le logiciel de chimiothérapie installé remonte activement le résultat du dépistage DPD avant toute prescription ou dispensation de fluoropyrimidine, et, lorsqu'un simple paramétrage temporaire est en place, suivre la feuille de route de l'éditeur vers la version robuste. L'ANSM souligne que ces évolutions numériques visent à sécuriser le circuit du médicament et à accompagner les établissements dans l'application des recommandations nationales.
Qui doit agir, et selon quel calendrier ?
Les mesures s'appliquent à tout établissement de santé français qui administre une chimiothérapie par fluoropyrimidines. Il n'y a pas de nouvelle période de consultation : l'avis d'experts est publié et destiné à une application immédiate, et l'enquête de novembre 2025 avait déjà confirmé que le dépistage pré-thérapeutique lui-même est intégré. La nouveauté réside dans la règle d'adaptation harmonisée et dans la mise à niveau des alertes logicielles, non dans l'obligation de dépistage.
| Obligation | Avant le 9 septembre 2026 | État actuel |
|---|---|---|
| Dépistage de l'uracilémie avant fluoropyrimidine | Obligatoire | Obligatoire, inchangé |
| Déficit complet en DPD | Fluoropyrimidine contre-indiquée | Inchangé |
| Adaptation de dose en cas de déficit partiel | Non harmonisée entre établissements | Avis national fournissant le cadre partagé |
| Alertes de dépistage DPD dans les logiciels de chimiothérapie | Variable, dépendante de l'établissement | DNS coordonnant les montées de version, paramétrages temporaires disponibles |
Que doivent faire les titulaires d'autorisation de mise sur le marché ?
Pour les titulaires d'autorisation de mise sur le marché (AMM) du 5-FU et de la capécitabine, l'avis d'experts est un signal pour aligner les supports d'information, les communications de gestion des risques et le suivi de pharmacovigilance avec la nouvelle référence nationale d'adaptation posologique. Les équipes d'affaires médicales et de pharmacovigilance doivent s'assurer que l'information destinée aux prescripteurs reflète la règle harmonisée du déficit partiel, puisque les équipes hospitalières appliqueront désormais une grille unique plutôt que des pratiques locales.
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Les équipes de conformité doivent désormais :
- Récupérer l'avis d'experts de l'INCa et confronter la pratique actuelle d'adaptation en cas de déficit partiel de l'établissement à la nouvelle grille nationale.
- Vérifier auprès de l'éditeur du logiciel de chimiothérapie que les alertes de dépistage DPD sont actives, et obtenir le calendrier de la version robuste si seul un paramétrage temporaire est en place.
- Sensibiliser les équipes d'oncologie, de pharmacie et de pharmacovigilance à la règle harmonisée, et mettre à jour les protocoles internes et les supports de formation des prescripteurs.
- Pour les titulaires d'AMM du 5-FU et de la capécitabine, aligner les communications d'affaires médicales et de gestion des risques sur la référence partagée.
Le monitoring continu d'Obsidian, par juridiction, capte ce type de mise à jour nationale de sécurité dès sa publication par le régulateur, avant qu'elle ne se diffuse de manière inégale entre les établissements.


