Le 22 juillet 2026, la Commission européenne a adopté deux décisions de non-conformité à l'encontre de Google au titre du Digital Markets Act (Regulation (EU) 2022/1925), assorties d'amendes cumulées de 890 millions d'EUR. La Commission a infligé à Google une amende de 460 millions d'EUR pour avoir favorisé ses propres services dans Google Search, et 430 millions d'EUR pour avoir empêché les développeurs d'applications sur Google Play d'orienter les consommateurs vers des canaux alternatifs, souvent moins chers. Google doit mettre fin aux deux manquements dans un délai de 60 jours, sous peine d'astreintes périodiques pouvant atteindre 5 % de son chiffre d'affaires mondial total.
Ces décisions transforment des enquêtes DMA pluriannuelles en obligations contraignantes de cesser et de s'abstenir, assorties d'un calendrier de conformité ferme. Google peut choisir de former un recours. Les entreprises concernées doivent traiter la fenêtre de 60 jours comme l'échéance opérationnelle des mesures correctives de Google, et anticiper l'évolution possible du classement dans Search et des conditions de distribution sur Play une fois ces remèdes déployés.
Que retient la Commission sur Google Search ?
Le DMA interdit aux contrôleurs d'accès de traiter leurs propres services plus favorablement que ceux de tiers dans le classement, et impose des conditions de classement transparentes, équitables et non discriminatoires. La Commission a constaté que Google accorde à ses propres résultats shopping, hôtels, transport et sport une plus grande visibilité dans Google Search que celle des services tiers comparables, notamment une place en haut de page ainsi que des visuels enrichis et des filtres indisponibles aux tiers.
Google a proposé et commencé à tester des modifications pour des services gratuits tels que le shopping, les hôtels et les vols, et teste également des changements sur les annonces shopping et les contenus sportifs. La Commission surveillera si ces mesures constituent une conformité effective. Elle note aussi les propositions de Google visant à appliquer les principes de la décision aux AI Overviews et à AI Mode, domaine où le dialogue se poursuit et où aucune constatation n'a encore été formulée.
Que retient la Commission sur l'anti-steering dans Google Play ?
Au titre du DMA, les développeurs d'applications distribuant via Google Play doivent pouvoir informer gratuitement les utilisateurs d'offres alternatives et les orienter vers un achat hors boutique, y compris sur des sites web ou dans des magasins d'applications concurrents. La Commission a constaté que Google empêche les développeurs de communiquer librement, de promouvoir des offres et de conclure des contrats par les canaux de leur choix, y compris les magasins d'applications tiers.
Si Google peut facturer une commission pour faciliter l'acquisition d'un nouveau client, la Commission a jugé que le niveau des frais liés à l'orientation et la durée de la période de facturation dépassaient ce que le DMA autorise. Google a déployé des modifications de ses conditions d'orientation que la Commission qualifie de progrès notable, mais qui restent évaluées au regard de l'injonction de cesser et de s'abstenir.
Qui est concerné, et que doit-il se passer sous 60 jours ?
Les décisions lient Google, mais elles redessinent l'environnement commercial pour deux groupes. Premièrement, les opérateurs de services de comparaison, de shopping, d'hôtellerie, de voyage et de sport qui concurrencent les propres unités de Google sur Search devraient voir rétablie une parité de classement. Deuxièmement, les développeurs d'applications Android et les opérateurs de magasins d'applications alternatifs obtiennent des droits opposables pour promouvoir et conclure des offres hors Google Play sans frais d'orientation disproportionnés.
Le délai de conformité de 60 jours court à compter des décisions. Le défaut de conformité expose Google à des astreintes périodiques pouvant atteindre 5 % de son chiffre d'affaires mondial total. Les entreprises concernées ne doivent pas escompter un changement immédiat : la Commission évalue encore les remèdes testés par Google, et l'effet concret dépend de ce que Google livrera dans le délai imparti.
| Date | Jalon |
|---|---|
| septembre 2023 | Google désigné contrôleur d'accès DMA pour Google Search |
| 25 mars 2024 | La Commission ouvre les enquêtes de non-conformité |
| 19 mars 2025 | La Commission adresse à Google sa position préliminaire sur le manquement |
| 22 juillet 2026 | Deux décisions de non-conformité et 890 millions d'EUR d'amendes |
| 60 jours après le 22 juillet 2026 | Échéance de conformité, sous astreinte de 5 % du chiffre d'affaires |
Que doivent faire dès maintenant les entreprises concernées ?
Les développeurs d'applications et les opérateurs de services concurrents doivent auditer leur position actuelle de classement et de distribution au regard des comportements que les décisions interdisent, et documenter tout désavantage qui perdurerait une fois les modifications testées par Google déployées. Les développeurs distribuant via Google Play doivent examiner les conditions d'orientation mises à jour et vérifier s'ils peuvent légalement communiquer des offres hors boutique et conclure des transactions sans frais disproportionnés.
Les directeurs juridiques et les responsables des affaires réglementaires doivent suivre la fenêtre de 60 jours et tout dépôt de recours, informer les équipes commerciales des droits d'orientation et de classement rétablis, et revisiter les contrats qui présumaient une exclusivité Google Play ou un désavantage de classement dans Search.
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